Catherine Pierrat, Psychologue à Aix, Luynes

220 avenue André Chamson 13080 Aix-en-Provence (Luynes)

Psychologue Aix-en-Provence
Psychologie adultes / / Par Catherine Pierrat

Les objets-doudous sont des anxiolytiques

Catherine Pierrat, psychologue à Nice et Aix-en-Provence, décrypte notre rapport aux grigris modernes.

Quand un adulte achète une bouillotte raton laveur ou une clé USB qui fait coin-coin, c’est grave, docteur ?

Non, pas du tout. Les objets-doudous ne sont pas une preuve d’immaturité. Ils nous permettent d’avoir des repères. D’une certaine manière, ce sont des anxiolytiques moins nocifs que les médicaments. Comme nous vivons dans une société où chacun se sent très seul, souvent déçu par les autres êtres humains, nous sommes nombreux à nous raccrocher à des objets car ils ne peuvent pas nous décevoir.

On peut les regarder, les toucher, les sentir, les emporter avec soi, ils peuvent nous aider à supporter une réalité parfois difficile. Cela peut être ponctuel, lors d’un deuil ou d’un divorce, par exemple. L’objet a un avantage indéniable par rapport à un animal de compagnie, même si évidemment les interactions ne sont pas les mêmes : celui de ne pas mourir. De ce point de vue, l’objet est encore plus rassurant. On peut aussi comparer l’objet-réconfort à la nourriture-réconfort, souvent sucrée – mais l’objet reste extérieur alors que l’alimentation s’ingère, ce qui peut expliquer certains troubles alimentaires.

Pensez-vous que nous avons de plus en plus besoin d’objets-doudous ?

L’utilisation d’objets rassurants a toujours existé. Mais autrefois, les adultes avaient un porte-bonheur qui les suivait toute leur vie : un objet de famille, des médailles religieuses, une photographie… Aujourd’hui, si nous pouvons, bien sûr, garder longtemps un objet, nous achetons aussi des grigris au fil du temps, selon ce que la société de consommation nous propose. Quoi qu’il arrive, les objets sont chargés, intimement liés à une culture, à la personne avec qui nous étions lorsque nous les avons achetés ou trouvés, à l’endroit d’où ils viennent. Souvent, les patients me disent : « J’ai été attiré par cet objet, cette feuille morte, ce nounours, je ne peux pas expliquer pourquoi. »

La société nous pousse-t-elle à rester des éternels adolescents ?

Les objets nostalgiques – type imitation Game Boy ou figurines Disney – jouent sur l’émotionnel profond des personnes et sur les souvenirs. Je crois que la société actuelle autorise l’adulte à exprimer son enfant intérieur alors qu’avant, une fois qu’on était adulte, on était adulte, un point c’est tout.

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Catherine Pierrat, psychologue pour enfant, adolescent, adulte et couple à Aix-en-Provence.

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